Un été chaud, chaud, chaud

Résumer les mois de juillet et aout est un chalenge, à part de dire qu’il a fait chaud, il a été d’une densité exceptionnelle pour mes activités dans tous les domaines.

Dans le domaine privé je suis allé à Berlin et à Toulouse pour déménager et aménager des appartements pour mes enfants.

En tant que spectateur j’ai assisté à l’ensemble des concerts du festival de jazz de Couches, aux Nuits du mont Rome, au passage du tour de France, au concert de Sting à Arc et Senans et au spectacle des Rondes de Nuit.

En tant que candidat figurant j’ai participé à des castings en présentiel à Paris, Chambéry et Cordes sur Ciel.

En tant que comédien théâtre j’ai participé au spectacle Un serment sur l’honneur devant près de 1200 spectateurs cumulés sur 3 soirées et en tant que comédien cinéma j’ai cumulé 13 jours de tournage.

De cet été extraordinaire j’en retiendrai deux temps forts, le premier dans Un serment sur l’honneur et le second dans le tournage de projet K.

Un serment pour l’honneur

Le spectacle annuel de Bresse sur Grosne est se renouvelle chaque année depuis 6 ans et j’ai participé à toutes les éditions. Le spectacle 2026 écrit par Astrid et Jean-Baptiste se nomme Un serment sur l’honneur et raconte comment une jeune fille lave l’honneur de son père lors d’une enquête épique en Bourgogne qui se joue lors de la visite du roi Louis XIV. Nous répétons depuis quelques mois de manière ponctuelle lors de week-end collectifs. La dernière semaine avant le spectacle est intense et se termine par les trois représentations devant 700 personnes chaque soir. Nous sommes une centaine de bénévoles dont 60 figurants et comédiens, nous nous connaissons presque tous et le spectacle annuel permet de se retrouver avec plaisir. Cette année à été marquée une nouvelle fois par une chaleur intense et heureusement pas d’orage pour gâcher les représentations. Je jouais le petit rôle de Lully en costume et perruque intervenant au dernier acte dans une scène d’organisation du concert final assisté de Madame Royer.

Lors de la générale je me suis magistralement planté en ne rentrant pas sur scène pour annoncer le concert final, si bêtement que j’en riais moi-même. Un manque de concentration conduit parfois à un enchainement qui aboutit à la « catastrophe », une sortie du mauvais côté de la scène m’a fait rater l’entrée suivante et ainsi de suite. Le débriefing a confirmé mon analyse; cela ne se reproduira pas lors de la première de demain. Le spectacle vivant à cette particularité d’être à la merci de toutes les éléments : techniques, humains, climatiques…

Le grand jour de la première arrive, dès l’accueil du public dans mon stand de fromage je joue Lully avec un faux accent italien et mon compère du jour. Nous chantons des airs improvisés, jouons des sketchs, nous chamaillons, rions, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Le spectacle se déroule normalement, je fais ma présentation et m’apprête à accueillir le roi… Qui ne vient pas. Quelques secondes encore et je réalise qu’il y a un problème. je me lance alors dans une impro où Lully n’est pas content de la préparation de la visite du roi s’en prenant au personnel, allant de long en large, gesticulant, pestant avec ce faux accent italien sur des éléments de décor, le protocole. Le roi finit par arriver comme si de rien était au bout des quelques ( longues) minutes. D’après le public et les participants, personne n’a rien remarqué, pensant même que cela faisait partie du spectacle. Au débriefing du lendemain j’ai reçu cette fois un grand merci collectif pour mon improvisation. C’est grâce à mon expérience de la scène que j’ai pu meubler cet instant de flottement.

Le tournage de Projet K

J’ai eu la chance d’enchainer la semaine suivante 5 jours de tournage ce qui est assez rare dans ce métier. A l’origine je réponds à une annonce mi juillet pour une figuration dans un mystérieux Projet K en région parisienne. Un chargé de casting de Lyon en même temps me propose 5 jours de tournage sur Lyon dans le même projet. Un peu dubitatif je décline la proposition car je ne suis pas disponible le vendredi de la semaine de tournage, déjà engagé sur un autre projet… Dommage. Quelque jours plus tard je suis relancé, le vendredi est cette fois en option. Les planètes semblent s’aligner, l’essai costume est programmé pour le 7 aout. Je sais que je serai avocat et mes recherches me font découvrir que le Projet K est le procès de Klaus Barbie. Je suis déjà très enthousiaste en arrivant pour l’essayage, mais lorsque je vois que sur la robe d’avocat il y a le nom de Roland Dumas, l’excitation monte d’un cran, je suis une silhouette. Ensuite passage en coiffure et là j’apprends qu’il faut soigner l’apparence car je vais être à côté du comédien qui va jouer Serge Klarsfeld. C’est confirmé par un plan de la salle d’audience, mais qui sera ce comédien ? Je pose la question à Thierry mon coiffeur, c’est Dany Boon !

Dans une semaine, donc dès la fin du spectacle Un serment pour l’honneur, je serai en compagnie de Dany Boon au procès de Klaus Barbie.

Dés le premier jour je me retrouve avec Dany. Il est méconnaissable, coiffure, maquillage, petites prothèses sur le visage, les figurants on du mal à le reconnaitre. De près c’est plus facile et sa voix est caractéristique. Très sympathique, il s’emploie à apprendre les prénoms des deux rangées d’avocats autour de lui. On oublie un peu qu’il fait si chaud dans ce palais de justice reconstitué à l’identique. Jour après jour on s’habitue à se saluer, à échanger un peu, puis à se tutoyer, à parler de nous. Le réalisateur Yvan Attal, avec qui je viens de faire la nouvelle publicité du crédit Mutuel, est devant nous avec les témoins qui viennent à la barre. Je me dis qu’a ce moment j’assiste à une masterclass de cinéma. C’est passionnant de voir comment obtenir les émotions, les gestes, les mots, les hésitations juste en mettant les personnes en confiance, en doute, en déséquilibre… Dernier jour déjà, un nouveau plan serré cette fois sur Dany et moi où il vient murmurer quelques mots à mon oreille. Que d’émotions, j’ai hâte de voir le résultat dans quelques mois sur Netflix. Avant de partir Dany rejoue la scène à la manière cht’i, et je lui répond cette fois avec le même accent.

Ces moments avec mes amis ou avec des comédiens renommés sont inoubliables, cet été m’en aura apporté de très nombreux et j’espère en vivre à nouveau beaucoup d’autres. Pour cela je vais continuer à participer à des projets, des tournages, des castings sans savoir jusqu’où ils me conduiront

les solistes de l'opérette

Monsieur de Lamartine est venu diner

Les trois représentations du spectacle au château de Bresse sur Grosne ont eu lieu les 19,20 et 21 août réunissant plus de 1500 spectateurs. Plusieurs mois de préparation et une dernière semaine intensive avec l’ensemble des participants ont permis de présenter un spectacle de grande qualité, comparable à certaines prestations professionnelles de niveau régional voir national.

L’histoire est celle de la famille de Murard qui reçoit le même jour l’inspecteur des monuments historiques venu pour évaluer la possibilité de classement du château de Bresse sur Grosne, une famille d’entrepreneurs en charge de faire traverser la propriété par le chemin de fer et le poète et voisin Alphonse de Lamartine. Si on rajoute la maladie soudaine du cuisinier la situation dégénère rapidement et la cour devient alors un lieu grouillant et bruyant de lavandières, palefreniers, chevaux, enfants et paysans… Jusqu’à l’arrivée du Comte qui invite ses visiteurs à déguster ses meilleurs crus. Le vin c’est bien connu règle tous les problèmes et les affaires s’arrangent donc au mieux. Finis les chemins de fer, le classement du bâtiment peut se faire, il reste à diner et assister avec Monsieur de Lamartine au spectacle de la troupe parisienne en tournée .

L’opérette jouée est le troisième acte de la vie parisienne d’Offenbach avec solistes, chœur et orchestre. L’orchestre de vingt musiciens est placé sous la direction de Stève Pazcek, le chœur et les solistes sont dirigés par Marie-Christine Gacon.

Bobinet le Dandy organise une fête en l’absence des maitres de lieux pour aider son ami Gardefeu à rester en compagnie de la femme du baron de Gondremarck. Tous feront boire le baron plus que de raison. Grâce à la complicité des ses domestiques, ils vont jouer aux personnages du monde avec autant de maladresse que de bonheur.

J’ai l’immense plaisir de jouer Bobinet, devenu un soir amiral à la veste craquée dans le dos. Mes amies et complices, Anne-Marie et Aurore sont respectivement Gabrielle de Saint Amarante et Madame Quimper-Karadec. On compte également Lucas en Général Alcazar de Porto-Rico et Jean-Christophe en Prince de Mancha’bal. Le Baron est joué par Pierre-Louis qui nous vient des chœurs de la Garde républicaine, rien que ça !

L’aventure à commencé en mars quand Marie-Christine notre cheffe de chœur nous à proposé de chanter une partie de la vie parisienne d’Offenbach. Un vrai défi puisqu’avec le même effectif que l’an dernier qui avait chanté des traditionnels de Bourgogne, il fallait chanter et jouer une partition beaucoup plus complexe avec des solistes. Personnellement j’ai déjà chanté Offenbach au conservatoire seul ou avec des chœurs, mais pas avec autant de solos et de texte et avec seulement 5 mois pour tout préparer. Nous avions le choix, entre Prosper, Bobinet, Urbain ou le Baron, rapidement j’ai choisi Bobinet qui se déguise en amiral, c’est celui qui organise la fête, qui lance souvent les airs et fait l’introduction de l’opérette, peut-être pas le plus difficile vocalement mais il y a du travail.

Les premières répétitions se font ensemble avec le chœur puis solistes seuls et enfin avec l’orchestre début juin. En juillet le texte est ajouté et chacun part en vacances pour être en forme avant la semaine du 16 au 21 août qui se termine par trois soirées de spectacle. Finalement peu de répétitions et un travail individuel conséquent.

Un peu perturbé par la pluie le vendredi lors de la dernière générale, la première représentation est d’un bon niveau et le public est ravi. Débriefing le samedi pour que le spectacle du soir soit meilleur que la veille, on m’adresse une remarque sur ma prestation que je n’ai pas comprise, j’avais pourtant le sentiment de n’avoir été pas trop mauvais… J’avoue que j’ai été un peu déstabilisé, comment en 2 heures améliorer ma prestation ? Dans ce genre de situation on a tendance à se remettre en cause et à douter de ses capacités, suis-je allé au delà de mes limites ? Le rôle est-il trop lourd pour moi ? De toute façon il fallait jouer ce soir, il est trop tard pour réagir. Grace à mon expérience j’ai pu retrouver de l’énergie pour délivrer une prestation presqu’aussi bonne que la veille, presque, parce que j’étais tout de même moins à l’aise. J’ai passé une nuit plutôt calme et une matinée à réfléchir, puis des hypothèses sur la suite se sont profilées. La plus probable étant que je serrerai les dents, jouerai la dernière et voilà terminé.

La vie est ainsi faite que ce ne sont pas toujours les hypothèses les plus probables qui se réalisent. En quelques secondes la remarque de la veille est devenue maladresse , mal exprimée et sans importance, picrocholine, aurait dit Rabelais. Dès cet instant tout est redevenu normal, la joie retrouvée, l’envie encore plus forte et le sentiment d’avoir réussi à traverser une épreuve. Ainsi le spectacle du dimanche fut le meilleur des trois pour le public et pour les chanteurs. Pour une fois le lendemain de concert n’était pas triste comme une fin mais restait léger, rempli de musique et d’amitié.

Merci à la vie de procurer des sentiments aussi intenses, Lamartine l’aurait bien mieux formulé que moi mais en tout cas il était là et il a tout vu.

Monsieur De Lamartine vient (diner) ce soir

Après la belle réussite du spectacle au château de Bresse sur Grosne fin août 2021, nous nous étions promis de renouveler l’aventure, eh bien nous revoila en 2022 avec une nouvelle production !

Cette année les chatelains invitent Monsieur De Lamartine, encore un célèbre Bourguignon, pour le diner de la mi-août. Ce diner est un prétexte pour une parodie en musique de la vie des domestiques. Caroline Marre en est la metteuse en scène dans un récit épique, historique et humoristique, elle raconte une soirée où les rôles s’inversent. Les nobles sont priés de quitter le château et laisser les valets et femmes de chambre s’amuser à leurs dépends. Ca ne vous rappelle rien ?

Nous avons déjà commencé les répétitions, il y a beaucoup de travail. Cette fois je serai Chanteur et Comédien, tout ce que j’aime ! Pour l’instant je n’en dirai pas plus, gardons la surprise entière. C’est une très belle occasion de pratiquer le chant avec orchestre en soliste ténor avec du jeu et du texte devant plusieurs centaines de personnes; c’est du trac assuré !

Le spectacle aura lieu dans la cour du château les 19,20 et 21 août à 20h, suivi d’un diner dans l’orangerie sur réservation. La recette servira à la rénovation de la chapelle.

Autant en emportent les siècles

Un spectacle dans un château au mois d’août, avec des comédiens, des figurants, des musiciens, des chanteurs… C’est ce que nous propose Marie-Christine un samedi de printemps lors de l’une de nos rares répétitions de Chants Libres au conservatoire. Connaissant bien Marie-Christine, son sérieux et sa gentillesse, je ne réfléchis pas longtemps avant de donner mon accord. La condition est qu’il n’y ait pas trop de répétitions, mon emploi du temps étant déjà très chargé.

Quelques mois plus tard, fin mai, Marie-Christine nous donne plus de détails et les premiers contacts avec les choristes se font à Jambles, dans l’église pour un chœur d’hommes et le Salve Regina de Cîteaux. Tout de suite les lecteurs attentifs font le lien avec le film Les trois Mousquetaires et ils ont raison puisque c’est cette pièce qui m’a permis d’être retenu pour le tournage !

Les répétitions plus intenses ont lieu fin août, les derniers jours avant le spectacle. La metteuse en scène s’appelle Caroline Marre, jeune et dynamique elle dirige le spectacle d’une main ferme mais avec humour et bienveillance.

Cinq tableaux historiques illustrant la vie du château s’enchaînent encadrés par un prologue et une conclusion. Les cinq cent ans sont parcourus par la Comtesse de Cambis et sa femme de chambre grâce à une machine à remonter le temps. Un univers entre Les Visiteurs et Retour vers le futur qui permet des situations comiques sur un fond de vérité historique.

Au service du spectacle des acteurs professionnels, une quarantaine de figurants, un cavalier, des chevaux, une formation de 7 musiciens et une quinzaine de choristes, de quoi bien animer les 75 minutes de spectacle. Les deux représentations ont connu un joli succès attirant plus de 700 spectateurs.

Chaque acteur a vraiment assuré sa partie au point que l’ensemble était très réussi, c’était très agréable de participer à ce spectacle en tant que choriste. Intervenant dans tous les tableaux, les deux ténors que nous étions avaient fort à faire pour « passer » en plein air, c’est dans ces moments que j’apprécie les cours de chant lyrique, avec la technique on peut tenir sur plusieurs jours sans fatigue.

Un tableau fort apprécié était celui où les moines en cercle ont entonné le Salve Regina entre les deux tribunes de spectateurs, nous étions une douzaine vêtus d’une bure à capuche arrivant et repartant en procession silencieuse, le chant s’est élevé comme un mystère, un voile, résonnant entre les murs du château.

Ces jours passés en commun ont permis de nombreux échanges et des contacts se sont noués au point que de futurs projets sont déjà prévus, comme par exemple refaire un spectacle l’année prochaine, le chœur est sollicité pour des chants de Noël et probablement d’autres dont nous n’avons pas encore conscience. Alors sans doute à très bientôt !